Intensité de Dean Koontz

Rien de tel qu’un week-end à la campagne entre amies pour se détendre. Enfin, en théorie.

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Genre : terreur

Année d’édition originale : 1995

Pourquoi j’ai choisi ce livre / cet auteur ?

Après le visionnage de Haute tension d’Alexandre Aja, on m’a signalé qu’Intensité rappelait fortement ce film. L’ayant trouvé plutôt bon, ma curiosité a été piquée et j’ai acheté le livre. J’avais déjà une lecture en cours, It de Stephen King, mais une pause m’était nécessaire dans ce roman-fleuve, et Intensité m’a semblé la lecture toute trouvée.

Résumé (sans spoil)

Un week-end qui commençait bien. Deux amies de fac, Chyna et Laura, partent au vert chez les parents de cette dernière. Un endroit un peu isolé au milieu des vignobles, théoriquement tous les éléments sont réunis pour passer un bon moment.

Une visite nocturne imprévue et le monde bascule dans le cauchemar absolu. Face à un individu sans remords et cruel, seul l’instinct de survie peut faire la différence.

Mon avis

Honnêtement, j’ai passé environ le tiers du livre à me demander à quel moment il allait se détacher du film Haute tension. Ce moment arrive, et j’en étais assez soulagée, mais de ce fait j’avais jusque-là peu de surprise. Vous me rétorquerez que Dean Koontz n’est pas responsable des réalisateurs qui souhaitent s’inspirer de son œuvre, mais il n’en reste pas moins que sur cette durée je devinais les actions à venir. Un conseil, lisez le livre avant de voir le film.

L’histoire repose essentiellement sur les deux personnages principaux : le tueur sadique et sa victime. Leurs personnalités sont dévoilées au fur et à mesure que le jeu du chat et de la souris se poursuit, l’un n’étant pas toujours celui qu’on croit. On rentre alternativement dans la tête de l’un et de l’autre, ce qui permet de ne jamais s’ennuyer. L’auteur nous immerge de manière si efficace dans l’esprit des personnages, que je me suis plus d’une fois demandée si le plot twist du film serait similaire (je ne vous dis pas lequel, si vous avez vu le film vous savez forcément de quoi je parle). En tous cas c’est parfois perturbant… et on en redemande!

Difficile d’en dire plus sur le déroulement de l’histoire car comme beaucoup de survivals/slashers (il y a débat!) il est assez simple. C’est le talent de l’auteur qui fait la différence pour sortir l’histoire du lot, ce qui est le cas ici : vous aurez quelques surprises et je rechigne à vous gâcher la surprise.

Le style narratif est simple et direct. Il y a assez peu de descriptions, suffisamment pour qu’on appréhende l’espace environnant mais guère plus, l’action prime avant tout. De ce fait, le livre se lit rapidement. Peu de digressions, et surtout peu d’ellipses : on vit l’action dans la même temporalité que les personnages et force d’avouer que c’est particulièrement efficace.

Vous l’aurez compris, je recommande Intensité : vous passerez un moment assez prenant, efficace et immersif.

Mon personnage préféré

Comme je l’ai dit plus haut, l’histoire repose sur deux personnages. Le tueur est impitoyable, et à aucun moment on ne ressent la moindre empathie pour lui (l’auteur y veille particulièrement). Je dirais même ne pas avoir pu compter toutes les fois où je lui ai souhaité les pires choses! Par conséquent, je ne peux me tourner que vers l’autre personnage, Chyna.

Son passé est dévoilé régulièrement, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas été gâtée. Un père inconnu, une mère façon Bonnie sans Clyde complètement psychotique, tout pour faire une personnalité équilibrée… En vrai elle s’en tire plutôt bien, et son côté dure à cuire lui sera utile pour faire face à son prédateur.

Ma seule réserve, c’est que l’auteur a un discours assez ambigu sur le statut de victime, à travers les pensées de Chyna: « elle savait qu’on choisissait souvent d’être une victime. […] Le destin seul n’expliquait pas toutes les souffrances : elles vous tombaient dessus à votre invitation. » On peut voir cela comme une volonté de se convaincre qu’elle peut s’en sortir malgré son enfance chaotique, certes, mais c’est assez déroutant. Il n’en reste pas moins qu’il est appréciable de voir un personnage féminin fort, bien construit et finalement suffisamment ambigu pour qu’il interpelle.

Un passage qui m’a marqué

Chyna est cachée sous le lit. Le tueur est dans la chambre, il a a priori massacré tous les occupants de la maison. Elle a effacé toute trace de sa venue. Et en même temps elle se remémore un épisode de son enfance, coincée également sous un lit à fuir un autre genre de menace, épisode particulièrement glauque. On retient sa respiration tout le long. Vraiment.

Une citation

Bonus

Je retiens pour cette rubrique le thème du survival/slasher et serial killer, qui s’impose de lui-même. Je ne parlerai pas des plus évidents et plus célèbres, tel Massacre à la tronçonneuse, cela m’aurait paru un choix un peu paresseux…

J’ai résisté à l’envie de parler de l’adaptation non-officielle – ok plagiat serait plus exact – d’Intensité. Vous l’aurez deviné, il s’agit de Haute tension d’Alexandre Aja. C’est simple, j’ai eu en tête New born de Muse dans la tête une bonne partie de ma lecture. Il y a évidemment des différences, mais sur la moitié du roman vous aviez la quasi totalité du film. Cela ne gêne absolument pas à la lecture, mais si on est un puriste du droit d’auteur c’est quand même limite comme démarche. Une fois cela dit, il faut bien admettre que c’est un excellent film de genre, sans concession dans le gore (chose pas si fréquente dans le cinéma français) et parfaitement maîtrisé. Certains partis pris sont différents du livre et je les ai trouvés tout à fait opportuns.

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Dans la même veine, j’ai pensé à Wolf creek, inspiré de faits réels et réalisé par Greg McLean, sorti en 2005 : « Broome, Australie, 1999. Ben, un surfeur de Sydney, et deux jeunes anglaises, Liz et Kristy, se rendent en voiture dans le désert d’Australie pour admirer l’immense cratère Wolfe Creek, causé par une énorme météorite tombée plusieurs milliers d’années auparavant. Au moment de repartir, ils retrouvent leur voiture en panne. La nuit tombée, ils voient arriver un homme d’un certain âge au volant d’une dépanneuse, qui leur offre de remorquer leur automobile jusque chez lui, afin de remplacer la pièce en mauvais état. Mais une fois sur place, les trois jeunes se retrouvent prisonniers par cette inquiétante personne, qui est en réalité un meurtrier psychopathe et sadique. Liz et Kristy parviennent à prendre la fuite, mais cet étrange individu se lance tout de suite à leur recherche… ». A titre personnel, j’avais été assez marquée par ce film, d’autant plus qu’il est inspiré de faits réels.

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Dans le genre survival avec maison assaillie par des personnes hostiles, je termine les bonus cinématographiques avec Ils, thriller d’horreur franco-roumain réalisé par David Moreau et Xavier Palud, sorti en 2006. « Lucas et Clémentine, un couple trentenaire expatrié en Roumanie, habite depuis peu de temps une maison isolée en banlieue de Bucarest. Elle est professeur de français et lui romancier, et ils vivent un bonheur paisible… Pourtant, un soir dans leur maison, tout va basculer. La pluie battante fait rage à l’extérieur. Le téléphone retentit, des voix lointaines au bout du fil, incompréhensibles. Le couple n’est en effet pas seul. Le cauchemar commence… « Ils » sont là…  »

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Laissons le cinéma et laissez-moi vous faire quelques propositions littéraires autour du serial killer.

Commençons avec Au-delà du mal de Shane Stevens. « À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s’en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier particulièrement atroce à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l’homme s’organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral.
Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d’Adam Lenton, journaliste dangereusement proche du meurtrier, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu’au captivant dénouement. » Dans son récit, Shane Stevens entremêle les points de vue de tous ceux qui gravitent dans l’univers du crime, révélant leur fascination pour la face sombre de l’humanité. Les policiers. Les médecins. Les hommes politiques. Les journalistes. On passe de l’un à l’autre, sans jamais perdre le fil, le puzzle mental du tueur apparaissant progressivement, par touches successives. Glaçant.

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Je termine sur Ce cher Dexter de Jeff Lindsay. Vous connaissez forcément la série que le roman a inspiré, aux saisons indéniablement inégales, mais si vous avez adoré la première saison vous passerez un excellent moment avec ce roman. Entièrement écrit à la 1ère personne, le récit épouse le point de vue de Dexter Morgan, expert judiciaire qui travaille au Département de Police de Miami comme expert médico-légal en analyse de traces de sang. Cependant, il est également un tueur en série qui a la particularité de ne tuer que des meurtriers qui sont passés au travers du système judiciaire.

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3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Onakan dit :

    Merci pour cette chronique et cette sélection très pertinente ☺️

    Signé un drôle d’oiseau

    Aimé par 1 personne

  2. Mad Mat dit :

    Pour ta première chronique/review de 2020 tu t’es déchaînée.
    N’ayant pas lu le livre mais seulement vu Haute Tension je ne peux me fier qu’à ton jugement. Ce qui est dommage pour moi finalement car j’aurai préféré connaitre le bouquin avant le film… Je le lirai à l’occasion si le temps me le permet.

    Je suis content que tu cites Wolf Creek. J’avais aimé ce film, au départ sans prétention (et avec un petit budget de mémoire) mais qui m’a pris aux tripes jusqu’à la fin.
    Par contre Ils, je connais pas du tout. Je vais me pencher dessus

    Merci pour cette chronique 😉

    Aimé par 1 personne

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