[Book review] Zombies d’Olivier Peru et Sophian Cholet

Les zombies n’envahissent pas que les pays anglo-saxons. Ils sont en France.

Un conseil : sauvez-vous!

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Genre : horreur

Année de publication originale : 2010 (tome 1)

 

De quoi ça parle :

« L’être humain ne règne plus au sommet de la chaîne alimentaire. Les zombies lui ont volé sa place et rien ne semble pouvoir les arrêter. Est-ce la fin de l’Humanité ? Pas sûr. Pour certains ce n’est qu’un recommencement. Que six milliards d’êtres humains couverts de mouches essaient d’en tuer quelques autres ne change pas grand-chose au sens du mot civilisation. C’est ce que réalise Sam, un homme qui ne doit son salut qu’à Smith & Wesson et à un peu de chance. Il a fui les grandes villes et laissé sa fille derrière lui. Pourtant, maintenant que le silence règne sur les États-Unis, il la croit toujours en vie. Et sa conscience, traîtresse jusque-là chloroformée, lui rappelle que rester humain c’est garder espoir. Il doit la retrouver, il ne survivra qu’ainsi. Autant chercher un brin de paille dans une botte d’aiguilles. »

 

Ce que j’en ai pensé :

En guise de préliminaires, je tiens à préciser que ce cycle contient 4 tomes, dont un volume 0, sorti entre le 2 et le 3. Ayant découvert à l’époque cette BD dès le tome 1, j’ai en toute logique lu la série dans l’ordre de parution. Pour la relecture pendant le confinement, j’ai choisi cette fois l’ordre chronologique de l’histoire. Après réflexion, je vous recommande vraiment de respecter l’ordre de parution. Le tome 1 est prévu pour être une introduction au monde apocalyptique qui va suivre, et a une originalité qui lui est propre. Le tome 0, un prequel donc, explique le tome 2 et le début de la pandémie. Il a son intérêt et comble nombre de zones d’ombre des 2 premiers tomes, mais le ton est déjà donné. Vraiment lisez les dans cet ordre : 1, 2, 0, 3.

Vous pourriez me dire : encore du zombie? Mais est-ce que ça ne finit pas par se répéter à force? Qu’est-ce que cette saga a à apporter au genre?

Effectivement, si vous cherchez du sang neuf (si j’ose dire), vous pourriez être déçu. Pourtant je vous promets que vous ne le serez pas. Je ne vous demande pas de me croire sur parole, alors laissez moi vous convaincre.

Hé bien déjà, le dessin. Il est réaliste, fin, subtil, et la qualité est au rendez-vous tout le long. Le contours des personnages est doux, et cela contraste justement avec le contenu. Il y a du gore, jamais gratuit, jamais plus qu’il n’en faut. On prend un réel plaisir à lire. Les pages sont denses, loin du style de certains comics dont une case peut prendre la moitié de la page (attention, je ne critique pas, je décris juste).

Ensuite, la grande force de cette histoire est le développement des personnages. Il y a de tout : des héros, des connards, des anti-héros, des femmes badass, et surtout des enfants, chose assez rare pour être souligné. Bref, l’humanité dans ce qu’elle peut avoir de moche et de beau, sans tomber dans un manichéisme convenu. On s’attache à certains personnages, même si je ne vous cache pas que c’est une très mauvaise idée (mais tout amateur du genre qui se respecte sait à quoi s’attendre).

Chose assez rare pour être soulignée, l’histoire n’est pas dénuée d’espoir. Oubliez les décors apocalyptiques, la survie en mode seul contre tous, dézingage de zombies à tout va (même si je n’ai rien contre un bon petit shoot ’em all). Le tome 1 est assez particulier car il suit principalement Sam Coleman, loup solitaire à la recherche de sa fille, avant qu’il rencontre le groupe de Serge Lapointe, ancien acteur de films de série B. Sinon ici la civilisation ne s’est pas complètement effondrée et les survivants sont assez nombreux pour envisager un renouveau dans un endroit sûr (j’ai dit « envisager »), et les compétences sont suffisantes pour chercher une solution, voire un remède. On se prend alors à rêver. Les survivants se lient d’amitié, s’aiment. Meurent, aussi. C’est la règle du jeu.

Petite anecdote, qui n’en est pas une à mon sens, j’aime beaucoup le titre du tome 1. La Divine Comédie, quelle promesse, n’est-ce pas? Dante questionne, dans ce chef-d’œuvre de la littérature,  l’atteinte du bonheur, qui doit passer par une longue descente aux Enfers, et une non moins éprouvante ascension du Purgatoire, mais avec un chemin malgré tout riche en enseignements. Le titre de cette BD pouvait difficilement être mieux choisi.

Un 5e tome existe, mais il entame un nouveau cycle. Il se déroule quelques années après la conclusion du 1er cycle, donc je préfère ne pas en parler. Mais il est évidemment à lire. Un 6e tome devrait paraître en 2020.

Je pourrais vous parler longuement de cette BD, mais de peur de vous spoiler je m’arrête là. Hormis The walking dead, œuvre fondatrice du genre à mes yeux, si vous deviez n’avoir qu’une seule série de BD de zombies dans votre bibliothèque, ce serait celle-ci.

Si le thème vous a plu :

Zombies néchronologies : une série de one-shot a été publiée sur le thème des zombies. Olivier Péru est toujours au scénario mais les illustrateurs changent à chaque fois. Un tome, une identité, un lieu. On est emmené en France sur les traces d’un garde du corps d’élite du président de la République, d’un concepteur de jeux vidéos en Suède, et d’un chercheur sur l’origine du virus au Japon. Aucun lien avec la série initiale, le ton est beaucoup plus sombre. J’avais fait un book review sur le tome 3, que vous pourrez trouver ici. 3 tomes de grande qualité, marquants, gores.

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World war Z : Max Brooks joue le rôle d’un agent de la commission Post-Traumatique de l’Organisation des Nations unies qui publie le livre dans le futur imaginaire après que l’ONU a mis à l’écart une partie de son travail du rapport officiel, choisissant de se focaliser davantage sur les chiffres et les faits de la guerre plutôt que l’aspect humain qu’il y avait inclus. Plutôt qu’une vue globale ou individuelle, World War Z est une collection de points de vue individuels sous la forme d’interviews entre l’auteur et les personnages. La période narrée, bien que contemporaine, ne mentionne aucune date ; le livre retrace une guerre contre les zombies débutant par des événements isolés et aboutissant à une pandémie mondiale et une panique de masse, et enfin à des batailles armées pour reprendre la planète aux morts-vivants. En plus de cela, les entretiens décrivent les changements religieux, géopolitiques, et environnementaux après la guerre des zombies. Il fallait bien que je le cite dans un book review, celui-ci. Oubliez son adaptation cinématographique, qui ne vaut (et encore) que pour une soirée pop corn sans la moindre prise de tête. Quand j’ai appris qu’il y avait une adaptation j’ai été très sceptique : comment adapter cet ovni, au genre si particulier? D’un ton plus sérieux que le Guide de survie en territoire zombie, il en reprend les codes (et existe dans ce monde, d’ailleurs). Un must have, à lire et relire.

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Enfin, si le genre zombie au cinéma vous intéresse, car c’est un genre qui a d’abord existé sur pellicule avant d’exister sur papier, je vous recommande chaudement Zombies au cinéma d’Ozzy Inguanzo. Il retrace chronologiquement le parcours riche de ce monstre, de manière très exhaustive. C’est bourré d’explications, d’illustrations. Tout est là. Et ne zappez sous aucun prétexte la préface de Max Landis.IMG_20200515_173605_038.jpg

 

 

Laissez vous tenter :

Si l’envie vous prend de vérifier si cette BD est aussi bien que je le prétends, je vous laisse la commander (par exemple) ici :

https://www.bdfugue.com/serie/zombies

Bonne lecture!