Les yeux du dragon de Stephen King

Quand Stephen King se met à la fantasy, cela donne un mélange détonnant. Oyez oyez, approchez et écoutez l’épique histoire du roi Roland!

2019-09-12 11.21.43

Genre : fantasy

Année d’édition originale : 1984

 

Pourquoi j’ai choisi ce livre / cet auteur ?

Les Yeux du dragon a atterri dans ma bibliothèque dans la foulée de ma frénésie l’an dernier d’acquérir un maximum d’éditions grand format de Stephen King, et mon regard s’est posé sur cette magnifique édition Flammarion.

Pourtant je n’étais pas pressée plus que ça de le lire. Connaissant le contexte de son écriture, je gardais en tête de le lire un jour, peut-être. Pourquoi pas. Mais je n’avais pas le sentiment d’être le bon public pour apprécier ce roman (on peut être fan et un minimum lucide, vous ne croyez pas?).

Première tentation : le podcast Le roi Stephen annonce consacrer son prochain épisode à ce roman. Deuxième tentation : mon ami Cyril qui me sollicite pour une lecture en commun. Et c’est parti!

 

Résumé (sans spoil)

« Il était une fois un roi qui vivait dans le royaume de Delain avec ses deux enfants.

Dans ce royaume, tout le monde parlait de Peter, le futur roi, le fils aîné de Roland.

Mais un homme se demandait comment s’assurer que Thomas, le cadet, soit couronné à la place de son frère. Cet homme c’était Flagg, le magicien du roi… »

 

Mon avis

Posons déjà cette base, histoire que cela soit clair dès le départ : ce roman est un ovni dans la bibliographie de Stephen King. Le seul autre de ses romans approchant celui-ci est Le Talisman, co-écrit avec Peter Straub et publié la même année, mais celui-ci vise un public adulte. Les yeux du dragon a été écrit pour un jeune public, et c’est ce qui en fait en roman à part. De ce fait, je réponds d’emblée à cette question : est-ce un livre que je recommanderais pour commencer à lire Stephen King? Certainement pas. On peut être un fan de King et apprécier ce roman, ou à l’opposé lire ce roman et ne rien aimer du reste de son œuvre. Mais celui-ci reste peu représentatif de son style, autant le savoir d’entrée de jeu.

Ici, King se place dans la peau d’un conteur, et force est de reconnaître qu’il prend son rôle très au sérieux, voire même qu’il en joue. Je m’explique : le récit est dynamique, il prend régulièrement à partie son lecteur, le laisse parfois libre d’imaginer la suite lorsqu’il ne poursuit pas une piste évoquée. Mais… ne serait-ce pas l’auteur qui s’amuse, comme toujours, à faire tourner en bourrique son lecteur? J’irai même plus loin, il s’amuse à une ou deux reprises à faire son oiseau de mauvais augure, et à conclure par l’annonce d’un malheur un chapitre pourtant heureux. Du King tout craché!

Je me dois de consacrer un petit paragraphe sur la connexion de ce roman avec ce que King qualifie de « Jupiter de son système solaire », la Tour sombre, au travers du personnage de Flagg. Ce dernier apparaît également dans le Fléau en tant que représentant du Mal, mais c’est bien le Flagg antagoniste de Roland Deschains de Gilead qu’on reconnaît ici (d’ailleurs la proximité sonore entre Roland Delain et Roland Deschain n’est certainement pas une coïncidence). Le magicien qui manipule le roi? Qui lit l’avenir dans un cristal? Qui vit depuis bien plus longtemps qu’il n’y paraît? L’araignée? Autant de petites pistes qui montrent que la saga était déjà bien présente dans l’esprit de l’écrivain, alors que ces éléments n’apparaîtront sur le papier que bien plus tard, notamment dans Magie et cristal, 4e volume de la Tour sombre et non dans le 1er volume paru 2 ans avant les Yeux du dragon. Pour les non-initiés, cela ne gêne en rien la compréhension de l’histoire. Pour les autres, cela apporte je dois bien l’admettre un petit plaisir de fan appréciable.

Le récit en lui-même paraît assez classique, aux antipodes d’un roman de King. Du moins si vous réduisez cet auteur à l’horreur et à l’angoisse. Un des thèmes récurrents de son œuvre est celle de l’enfance sacrifiée, gâtée par un monde d’adultes impitoyable. Les Yeux du dragon ne fait pas exception. Certes l’aîné des fils du roi, Peter, a reçu tous les dons à la naissance, et le cadet, Thomas, est presque son exact contraire . Il n’empêche que leur amour fraternel est évident. Et quoi de mieux pour abîmer ce lien qu’un père qui fait les louanges en toutes circonstances de l’un et ignore ostensiblement l’autre? Sans parler d’un magicien aux noirs desseins qui saisit chaque occasion pour souffler sur les braises de la jalousie et de la rancœur?

Je vais conclure mon avis en disant que la lecture de ce roman fut une belle surprise. Je ne dirai pas que je l’ai adoré, ni qu’il fait partie de mes 3 King préférés. Mais la lecture est agréable, les chapitres sont courts, on ne s’y ennuie pas et on y prend un plaisir de lecteur tout à fait appréciable. Je vous en recommande donc sa lecture.

(Je vous venir avec « Mais… quel rapport avec le dragon et ses yeux?? » Ah ah… quel plaisir auriez-vous à ce que je vous le dise? La réponse est à l’intérieur!)

 

Mon personnage préféré

Est-il besoin de l’écrire? Il s’agit de Flagg, évidemment.

L’ensemble des personnages est assez caricatural. Le roi pas méchant mais assez limité, son aîné vertueux et exceptionnel dans beaucoup de domaines, son cadet moins gâté par la nature et de ce fait vivant dans l’ombre de son frère, etc.

Par contre, l’antagoniste de l’histoire est tout à fait délectable. C’est lui qui mène la danse, et il faut bien avouer qu’on se délecte de ses manigances. Si de surcroît on l’a déjà rencontré dans d’autres lectures du même auteur, on prend un malin plaisir à déceler des petites références.

 

Un passage qui m’a marqué

King voulait faire un conte « classique ». Mais chassez le naturel, il revient au galop.

Le passage que j’ai retenu ne concerne pas un événement en particulier, mais un chapitre entier, le 23. Pour la majeure partie, il retranscrit les pensées de Flagg en ce qui concerne les personnages de contes de fée traditionnels. Je ne résiste pas et vous en cite un extrait : « Dans les histoires, les princesses étaient toujours jeunes et belles bien que, comme le lui prouvait son expérience, la plupart des princesses, simples produits de mariages consanguins, étaient laides comme le péché et stupides par-dessus le marché. »

C’est un chapitre très drôle, dans lequel on reconnaît les petits traits d’humour de mon auteur préféré.

 

Une citation

« L’un des grands avantages des contes, c’est que le temps passe très vite lorsqu’il n’est marqué par aucun événement notable. La vie, elle n’est jamais comme ça, et c’est probablement une bonne chose. Le temps passe plus vite dans l’histoire, mais qu’est-ce que l’histoire, sinon une sorte de conte grandiose où les siècles remplacent les années? »

 

Le saviez-vous ? Par Club Stephen King

  • Stephen King a écrit le livre « Les Yeux du Dragon », parce que sa fille Naomi, alors 13 ans, n’était aucunement intéressée par ses autres histoires.
  • Le titre de travail de ce livre était « The Napkins » (littéralement : les serviettes). Les lecteurs du livre comprendront sans aucune difficulté la signification de ce titre.
  • Le livre fut initialement ‘publié’ dans une édition limitée composée par sa maison d’édition personnelle en 1984, mais ne fut pas commercialisé publiquement avant 1987 en version originale… et 1995 en France.
  • Chacune des trois éditions mentionnées ci-dessus, comportent des illustrations bien spécifiques à l’édition en question. Ainsi, nous avons en France des illustrations qui n’ont pas été partagées dans les autres versions étrangères, et une nouvelle édition française, en 2016 chez Flammarion, comportait encore de nouvelles illustrations.
  • Un studio d’animation français avait l’ambition de transformer ce livre de Stephen King en film, mais la production n’avança pas, et les droits retournèrent à Stephen King. Cette année, nous avons appris que la plateforme américaine Hulu, appartenant à Disney, a acheté les droits du roman (face aux géants Netflix et Apple qui enchérissaient dessus) et prévu de transformer le livre de Stephen King en série. (cliquer ici pour plus d’infos). Etant donné le rachat d’Hulu par Disney, on peut présumer que l’avenir de cette plateforme est incertain et qu’elle sera prochainement intégrée à « Disney+ » l’offre VOD de Disney devant prochainement arriver pour concurrencer Netflix.

N’hésitez pas à jeter un œil sur la fiche « Les yeux du Dragon » sur le site du Club Stephen King ici.

Bonus

Évidemment, il est de mon devoir de vous conseiller la lecture de la Tour sombre. Bon ok, c’est une saga de 8 volumes, donc ce n’est pas une mince affaire. Mais c’est une œuvre magnifique, qu’il FAUT avoir lue. Une œuvre sur l’amitié, l’amour, la mort, et bien plus encore.

« L’homme en noir fuyait à travers le désert et le pistolero le poursuivait… ».
Dernier aventurier d’une époque qui ressemble à la nôtre, Roland le Pistolero est poussé par une force inconnue. Au-delà de cette chasse à l’homme, ce qu’il cherche, c’est la Tour.
À la croisée des temps, lieu de rencontre de notre univers et d’autres mondes…Voilà vingt ans que dure cette poursuite.
Pour Roland, l’enjeu est maintenant de rattraper l’homme en noir. Lui seul — il l’a vu en rêve — peut l’éclairer sur son avenir.
Le sorcier doit tirer trois cartes qui vont lui ouvrir trois portes. Vers l’enfer ou le paradis ? Nul ne le sait encore.
En attendant, tous deux marchent. Hallucinés. Ne pouvant se soustraire l’un à l’autre.
Sous l’œil vigilant du gardien de la Tour… »

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Plus accessible, je vous propose Le talisman, si la fantasy est un genre qui vous plaît. Comme je vous l’ai écrit plus haut, il résulte d’une collaboration entre Stephen King et Peter Straub.

« Les Territoires sont peuplés de chimères, de bonnes fées et de démons. Nul n’y entre, pas même un enfant, sans risquer de perdre sa vie et son âme…
Une, plage déserte, quelque part sur la côte Est des Etats-Unis. Jack Sawyer, douze ans, scrute l’horizon, tourmenté… Sa mère se meurt d’un mal inconnu, et jack désespère de pouvoir l’aider.
Le vieux Speedy Parker, joueur de blues devenu gardien de parc d’attractions, lui révèle l’existence d’un autre monde, qu’il appelle les Territoires, endroit féerique mais terriblement dangereux, où le ciel est transparent et profond, et les senteurs plus fortes. C’est là que se trouve le Talisman, seul remède qui puisse sauver sa mère.
A l’issue de semaines d’épreuves au cœur de l’enfer et du désespoir, Jack saura-t-il résister à la force extraordinaire qui s’emparera alors de lui – et vaincre ses propres démons? »

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Laissez-vous tenter

A titre personnel, je vous recommanderais de l’acheter en occasion, surtout si vous préférez le grand format (pour le poche, avec les frais de port on y gagne peu par rapport au neuf). J’ai constitué une partie non négligeable de ma collection de King sur Rakuten. Je vous mets le lien, vous y trouverez foule d’éditions différentes, avec la couverture qui vous plaira le plus.

https://fr.shopping.rakuten.com/s/stephen+king+les+yeux+du+dragon#xtatc=INT-601

Pour les irréductibles du neuf, pourquoi ne pas commander via des librairies indépendantes? Vous pourrez soit les retirer chez votre libraire, soit le recevoir par la poste. C’est ici :

https://www.librairiesindependantes.com/

https://www.lalibrairie.com/

Bonne lecture!

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Tomhas dit :

    Moi qui suis très friand de Fantasy (comme tu le sais XD), je me tâte. Vais-je apprécier le mélange King/Fantasy, suspens. Mais ta chronique m’a quand même donné envie de m’en faire mon propre avis ! :p

    Aimé par 1 personne

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